Mes conseils pour un vol Etats-Unis / Europe sans encombre avec un enfant de moins de 3 ans


Je m’appelle Mathilde, je vis aux Etats-Unis depuis 2012 et j’ai beaucoup, beaucoup voyagé ces dix dernières années. Les choses ont changé en 2020 (la pandémie, remember ?) et encore plus en 2021 : j’ai eu une petite fille.

Quand on vit à l’étranger, c’est assez compliqué d’éviter de prendre l’avion, qui plus est aux Etats-Unis, mais comment rendre les choses plus faciles avec un bébé ou un petit enfant ? Je n’ai pas pris l’avion pendant la première année de ma fille, mais depuis nous avons fait 4 voyages, soit 10 trajets en avion : pour la France (Bordeaux une fois et Paris une autre fois), pour la Martinique (avec une escale) et pour la Californie (direction San Diego). Ce sont tous de longs voyages, avec du décalage horaire (juste une heure pour la Martinique : trop facile).

Bref, autant de challenges logistiques et émotionnels quand on voyage avec un tout-petit. 

Voici tout ce que j’ai appris pendant ces 10 vols : 

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Cet article est sponsorisé par mon guide digital de découverte de Boston en famille. Toutes les bonnes idées pour profiter de la capitale de la Nouvelle Angleterre quand on voyage avec un tout-petit sont dans Boston pour les petits. Je vous garantis que même si vous vivez sur place, vous trouverez une ou plusieurs idées originales, pour toute l’année.

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Avant toute chose : l’achat du billet d’avion

  • Avant de prévoir un vol international, il faudra faire un passeport pour votre enfant. Et si vous voyagez en tant que parent solo, il faudra une autorisation de sortie du territoire de l’autre parent. C’est une note assez simple à rédiger, les infos sur le site du gouvernement américain : https://www.dhs.gov/travel-overseas ou de votre pays de résidence (pour la France, c’est ici)
  • Dans mon expérience récente, en 2022, l’achat d’un billet d’avion pour l’international au départ des Etats-Unis avec un enfant de moins de deux ans nécessitait d’appeler la compagnie aérienne : pas moyen d’acheter les billets par Internet. C’est pénible, ça prend du temps, il faut épeler tous les noms et prénoms. 
  • Ma plus grosse recommandation pour un vol avec un petit est de prendre un vol direct, mais parfois, ce n’est tout simplement pas possible. 
  • Le vol idéal pour moi décolle à 11h du matin : c’est facile de se rendre à l’aéroport, on a le temps de s’installer et hop, la sieste peut (éventuellement) démarrer. Le pire ? Les vols de nuit (à part peut-être avec un petit de moins de 9 mois), mais hélas, les vols de nuit sont la seule possibilité au départ de Boston pour rejoindre l’Europe… J’en reparlerai
Poussette et siege auto
  • En-dessous de 2 ans, les enfants, c’est gratuit. Ou presque. C’est gratuit s’ils voyagent sur les genoux (en anglais : lap seat), et le billet coûte quand même quelques dizaines de dollars (= les taxes). Avec un peu de chance, vous pouvez obtenir un bassinet ou une nacelle : cet espèce de petite cagette qui s’accroche aux sièges des premiers rangs permet de coucher un bébé de moins de 10 kgs et de moins de 70 cm. Mais attention, pour l’obtenir, il faut le demander au guichet en arrivant, et c’est premier arrivé, premier servi : pas moyen de le réserver à l’avance. 
  • Pour le vol où ma fille avait * presque * 2 ans, on lui a pris un siège dédié : elle aurait pu avoir la place gratuite sur nos genoux, mais ça aurait tout simplement été trop compliqué (elle était trop grande, trop mobile). On a voyagé avec un siège auto qu’on a installé à sa place : c’était vraiment super pratique SAUF que sur les 4 vols, 2 vols ne l’ont pas autorisés : un parce qu’on était installé devant, à la rangée n°1, et l’autre car on nous a dit que le siège n’était pas homologué par la compagnie aérienne. 
  • Le siège en question : le Costco Scenera (il est léger et peu cher comparé aux autres sièges bébé aux Etats-Unis). Ma grande question était : comment le transporte-on dans l’aéroport ? Eh bien un strap de yoga a fait l’affaire.

A l’aéroport

  • La recommandation générale pour un vol international, c’est d’arriver 3 heures avant le vol, pour laisser le temps de déposer les bagages, passer la sécurité, arriver à la porte d’embarquement (accessoirement : acheter 50 magazines et snacks). L’embarquement d’un vol international a lieu en général 50 minutes avant le début du vol. L’aéroport de Boston est sous-staffé depuis la pandémie, et les temps d’attente peuvent être très longs (c’est pareil dans les aéroports de New York depuis 2021), donc clairement, les 3h avant le vol ne sont pas de trop. Si vous avez TSA Pre ou Global Entry, ça ira plus vite.
  • Je suis plutôt de la team poussette à l’aéroport, tant que c’est une poussette qu’on peut plier et mettre dans le compartiment en cabine (la Yoyo par exemple, est faite pour ça, d’autres marques aussi, dites moi vos préférées dans les commentaires).
    Lors de notre premier voyage, on avait une poussette canne prêtée par une copine, et on nous l’a prise au moment du dépôt des bagages : pas facile ensuite de porter un petit enfant de 14 mois et toutes les affaires dans les méandres de l’aéroport. On a récupéré la poussette à l’arrivée finale, après une longue escale.  En effet, certains aéroports (dont celui de Paris Charles-de-Gaulle) n’autorise pas les poussettes qui sont déposées à la porte d’embarquement (celles que vous déposez juste avant de monter dans l’avion, et que vous retrouvez juste à la sortie de l’avion) s’il y a une escale ; si votre enfant est suffisamment petit, il faut donc prévoir soit un porteur, soit une poussette suffisamment petite une fois pliée pour la mettre dans le compartiment en cabine.
  • J’ai rarement vu des aéroports très kids friendly, à part celui de San Diego qui avait des coupe-files pour les familles avec poussette, ce qui nous a fait gagner un temps fou et une énergie précieuse. Une fois les bagages déposés et la sécurité passée… on se débrouille, on plutôt on se dépense : il y a parfois des mini-aires de jeux pour enfants. Si vous avez accès aux lounges, c’est toujours un peu plus calme, il y a à manger, des aires un peu plus cosy que dans les grandes salles d’attente de l’aéroport.
    Cette étape avant l’embarquement, c’est la dernière respiration pour tout le monde avant quelques heures coincés dans l’avion.
    Dernier point : 10-15 mn avant l’embarquement : on change la couche de bébé, car dur de savoir quand on aura accès aux toilettes à bord. 
  • L’embarquement avant tout le monde : Les familles avec enfant de moins de 2 ans ont l’avantage de pouvoir faire l’embarquement avant tout le monde. On évite une file d’attente supplémentaire (on attend beaucoup dans les voyages) et a priori, on aura l’espace pour mettre les bagages juste au-dessus de notre fauteuil. Et bon, comme l’aéroport, c’est un peu la jungle, il y a un certain plaisir à passer devant tout le monde. Bye b***.

Dans l’avion

  • Le nombre de bagages autorisé dépend de votre billet. La plupart des compagnies sont ok avec la poussette qui se plie, un siège auto et un sac de couches pour bébé (considéré comme une nécessité). J’essaie de voyager léger (j’ai bien dit * j’essaie *) mais j’ai un sac à dos avec que des trucs d’enfant, dans lequel il y a : 
  • 5-6 couches et lingettes
  • De quoi donner à manger et à boire
  • Une couverture fine en mousseline
  • Un porteur en tissu (si ça marche encore avec votre enfant)
  • Un change d’habits et un sac poubelle (pour les habits sales)
  • Des jeux / livres, de quoi occuper l’enfant (j’en reparle si dessous)
  • Vous avez réussi à avoir une nacelle (ou bassinet en anglais) ? Génial. Si votre enfant s’endort dedans, encore mieux. Et s’il ne se réveille pas, vous avez gagné le gros lot. Certaines compagnies (dont Air France) demandent de tenir l’enfant dans les bras avec une ceinture quand il y a des turbulences… donc pas de bol s’il faut le réveiller.
  • A quoi ressemble un vol avec un enfant sans siège attribué ? Franchement, vous vous en doutez, c’est mieux que l’enfant sur les genoux. Car plus de place = plus de confort.
    Dans tous les cas, on fournit une extension à votre ceinture de sécurité, à mettre autour de l’enfant et à attacher dans sa propre ceinture. Là encore, certaines compagnies aériennes (comme Air France) sont très strictes et exigent que l’enfant la porte en permanence, et en cas de turbulences, l’enfant doit faire face à “la route”. Pas moyen de coucher votre enfant par terre par exemple, même s’il peut jouer par terre tant qu’il n’y a pas de turbulences. 
  • J’ai bien aimé voyager avec un siège auto, qu’on ne peut installer que dans certaines rangées (pas la première) et à la place hublot. Dans notre cas, ça a bien fonctionné : le siège auto contient l’enfant, elle est mieux calée que dans un grand siège normal et peut s’endormir plus facilement. Il faut * juste * transporter le siège dans l’aéroport.
  • Je vois parfois passer des pubs pour cette extension de siège qui a l’air géniale : mais c’est interdit sur les vols Air France. 
  • Le décollage : Et pour les oreilles ? C’était un des mes (nombreuses) inquiétudes, les oreilles qui se bouchent, mais ça n’a en fait pas été un problème dans notre cas. On avait prévu une petite gourde d’eau pour le décollage, on a fait attention pendant les 20-30 premières minutes au décollage et à l’atterrissage.
  • Se mettre en pyjama dans l’avion ? J’avais lu ce conseil de mettre le petit enfant en pyjama, lui donner un doudou, faire “comme à la maison”. Comme tous les conseils, ils sont à prendre ou à laisser, et pour nous, le pyjama n’a pas vraiment fait illusion sur le fait qu’on n’était pas vraiment dans sa chambre, mais bien à 10,000 mètres d’altitude et entouré de centaines de personnes.
  • Gérer un vol de nuit vers l’Europe. Depuis Boston et la côte Est, tous les vols pour l’Europe sont des vols de nuit, avec un départ en général autour de 19h. Je trouve cet horaire absolument nul pour les petits enfants (en tout cas la mienne) car non seulement on arrive à l’aéroport en fin de journée (donc fatigués), l’aéroport est un lieu bruyant et avec 5 000 sollicitations ; on entre dans l’avion, il décolle, on sert le repas, les lumières ne s’éteignent que 2h après le décollage, bref, c’est vite galère. Comme toujours, ça dépend de l’âge de l’enfant, mais jusqu’à maintenant, je n’ai pas trouvé ça bien du tout. Parait-il que tout s’améliore vers 3-4 ans ? 
  • Les repas dans l’avion. On peut demander un repas spécial pour bébé – ce sera sans doute un petit pot et un biscuit. On peut aussi emporter ses propres containers avec fruits, morceaux de poulet, pâtes, des compotes façon “Pommes Pot’” (ici, ça s’appelle Gogo squeeze), des biscuits… 
  • Quels jeux/ distractions dans l’avion ? Distraire l’enfant, c’est plutôt sur les vols de jour que la question se pose et dans les nombreuses files d’attente. Car après une éventuelle sieste, des snacks, 50 aller-retours dans l’allée, il faut encore occuper 4 heures de vol et on se dit : « mais que va-t-on faire ? » Le temps passe extrêmement lentement. Je ne suis pas contre l’usage des écrans mais on a opté pour une panoplie de jeux adaptés à son âge : stickers, pâte à modeler, cahier de coloriage, puzzles, merdouilles à deux balles qui tournent… J’aurais pu ouvrir une garderie avec tous les jeux rapportés dans l’avion. Le mieux, ça a été d’être assis, par hasard, sur la même rangée qu’une autre famille, avec qui on a échangé des jeux. 
  • Et les voisins, comment fait-on fait pour ne pas gêner ? J’ai jusqu’à présent eu de bonnes expériences de voisins dans l’avion. Ma fille va faire du bruit , on va gêner les gens autour de nous. On va aussi essayer de limiter le bruit, mais ça ne sera que dans une certaine mesure, elle va pleurer, courir, regarder partout. Une amie voyageait avec des petits goodies pour « apaiser » les voisins : des boules Quies et des bonbons.
  • Les changements de couche : il y a une table à langer dans les toilettes. C’est petit, mais ça marche !

L’arrivée à Paris, quand Paris est une escale

En arrivant d’un vol de nuit qui dure 7h, après les attentes avant et après l’atterrissage, on a qu’une envie, c’est de dormir. Or, les vols de nuit depuis Boston arrivent tôt le matin à Paris. Il m’est arrivé de louer un Airbnb la veille, pour ne pas avoir à attendre le check-in dans l’après-midi. Je l’aurais fait sans problème avant ma fille, mais je me vois mal débarquer à 7h du matin à Paris (soit encore 1h du matin à Boston) et attendre en poussette dans les rues de la ville.

  • Quitter l’aéroport à Paris. Quand on arrive à Paris, on peut prendre le RER ou le bus, personnellement on a opté pour le taxi G7, leur app est super bien faite, et l’option famille permet d’avoir un siège auto installé dans la voiture ou le van. Ce que je dis peut sembler super évident, mais ne rentrant en France qu’une fois par an, voire moins, j’oublie les apps et les moyens pratiques. Si vous avez mieux à recommander, dites le moi en commentaire ci-dessous ou par Instagram mathildepit
  • Location de matériel sur place à Paris et en France. Je n’ai pas voyagé avec du matériel de bébé autre que la poussette, on s’est débrouillé sur place pour demander le nécessaire, mais bon à savoir : il existe des sociétés qui louent du matériel pour bébé et enfant à Paris comme Babonbo ou Kidelio. Il faut s’y prendre à l’avance pour que ça fonctionne et c’était fermé en juillet quand j’ai voulu l’utiliser… donc on a fait autrement.
  • Si vous arrivez à Boston, si votre enfant à moins de deux ans, c’est à vous d’installer un siège auto dans votre taxi ou Uber, sauf si vous faites appel à un service spécialisé comme Kidmoto. Comme ce service est très coûteux, on a fait à chaque fois appel à des amis pour venir nous chercher avec notre voiture. Il reste aussi l’option du métro et autres transports en commun.
  • Location de matériel de bébé à Boston : Babyquip.

Gérer le décalage horaire avec des petits enfants

Ah, le sommeil des petits-enfants, c’est LE sujet préféré des parents non ? Quand tout roule et que tu décides de ton plein gré de te prendre un gros décalage horaire dans la face, c’est à se demander : pourquoi ? Pourquoi s’infliger ça ? 

Il y a débat pour savoir ce qui est pire : aller vers l’Est ou vers l’Ouest. Personnellement, je pense que c’est vers l’Est que c’est le plus dur, ce qui rend l’arrivée en Europe dure à gérer, et l’arrivée en Californie super facile – ou alors c’est le fait de retrouver la famille qui me stresse, et le bonheur de passer du temps en Californie qui rend tout plus facile ?!

Les enfants s’adaptent beaucoup plus vite que les adultes au changement d’heure, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle : ils seront en forme vite (c’est la bonne nouvelle) mais pas nous (c’est la mauvaise). 

En arrivant en Europe, ma recommandation, ce serait d’avoir la possibilité de dormir autant qu’on veut en arrivant, et de ne pas trop se préoccuper de se caler sur les horaires normaux les 2-3 premiers jours. Je déconseille donc de prévoir des choses le matin dans les premiers jours (comme prendre un train avant midi). 

Si vous voulez la version scientifique de la gestion du jet lag, rendez-vous sur cet article de blog dédiés au sommeil des petits avec un gros décalage horaire.

En conclusion :

Voyager en avion avec des tout-petits, ce n’est pas facile, quoiqu’en disent les photos sur Instagram. La logistique, la fatigue, les imprévus, c’est forcément s’ajouter des difficultés par rapport au quotidien. Avant mon premier long courrier, j’ai demandé conseil à une copine plus rodée, et puis… on s’est lancé.

On vous dira sans doute que c’est une chance de voyager (c’est vrai), vous regretterez peut-être l’époque où regarder des films et s’ennuyer dans l’avion était votre lot mais promis, promis, une fois sur place, ce sera vraiment sympa (ceci est dit avec une bonne dose d’espoir).

Allez, bonne fin d’été ! 

Enfin, je vous le rappelle : si vous débarquez à Boston avec votre petit enfant, je vous ai concocté un guide des familles avec tout-petits : des idées de sorties, de découvertes, pour tous les goûts et pour tout le monde. Je vous garantis que vous trouverez plusieurs activités qui plairont à tous !

✎ En commentaire : racontez-moi vos meilleures (et vos pires) expériences en avion avec un tout-petit, et si vous avez un excellent conseil à partager, je suis preneuse aussi, qui sait, ça pourra peut-être servir à quelqu’un d’autre !





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